Game over

images (1)Cela ressemble à une tragédie classique en cinq actes, on suit le raisonnement implacable du début à la fin et le moins qu’on puisse dire c’est que cela fait froid dans le dos. Présenté par le Pacte Citoyen Aveyron, un  collectif qui regroupe plusieurs associations locales, le film de Charles Ferguson « Inside job » donne à voir la crise financière mondiale telle qu’elle a éclaté à la face de tous un certain 15 septembre 2008 avec la faillite de la banque Lehman Brothers et toutes les conséquences dramatiques induites, lesquelles ont poussé de par le monde des millions de gens à perdre qui, son job, qui, l’épargne de toute sa vie, qui, sa maison. C’est extrêmement précis et fouillé, avec force graphiques plus pédagogiques les uns que les autres, et s’apprécie comme un concentré d’économie politique aussi dense qu’efficace. Là où ce documentaire, présenté l ’année dernière au Festival de Cannes en séance spéciale,  marque le plus les esprits c’est quand il décortique au scalpel les rapports incestueux entretenus entre l’ensemble des « initiés », tout ce petit monde qui gravite entre politique, médias, institutions bancaires ou pire encore milieux universitaires tels Harvard ou Columbia. Et que dire des agences de notations qui multiplient les conflits d’intérêts et font la pluie et le beau temps à la bourse, laissant des fortunes s’échanger sur les marchés comme on joue à la roulette au casino. Et tant pis pour les peuples ou les pays tels l’Islande qui en paient les pots cassés. L’embarras des lobbies fait écho au cynisme de tous ceux pour qui la crise a surtout permis d’exploser les profits et de garnir toujours encore et encore leurs comptes en banque en toute impunité. Les témoignages de Christine Lagarde, de Georges Soros ou du directeur du FMI sont édifiants. Quand en Chine une ouvrière se félicite d’être bien payée avec à peine 100 $ par mois, tous les administrateurs de ces grandes sociétés ne comptent qu’en bonus de plusieurs centaines de millions de dollars. On mesure hélas toute l’ampleur de la tâche de tous ceux qui croient qu’un autre monde est possible quant on voit avec effroi que Barack Obama a laissé en place quasiment les mêmes acteurs, lesquels s’entendent comme larrons en foire pour surtout ne rien changer. On sort de ce film salutaire et exigeant, non seulement indigné mais déterminé.                                                          Le débat qui a suivi, animés notamment par Attac, a souligné combien la taxe Tobin sur les transactions  financières par exemple, est d’actualité pour moraliser un tant soit peu ce monde du business. Responsabilité individuelle et engagement politique, tout se tient, résister c’est créer et créer c’est résister.                                                                                                       

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