Quatre pas sages et un grand moment

images (3)Le spectacle de la semaine dernière à l’Amphithéâtre « Création 2010 » avec le Quatuor restera incontestablement comme un des bons moments de cette saison. Ce groupe de quatre musiciens venus du classique mais résolument extravagants a réjoui tous les spectateurs tant leur dextérité, qui, avec un violon, qui, avec un alto, qui, avec un violoncelle, leur permet toutes les audaces. Et en plus, ils chantent ou dansent à tout va,  au point de ne savoir jamais où donner de la tête. Ils sont capables de tout, prêts dans un même élan à revisiter le grand castrat Farinelli comme les Beatles, Paganini ou Jean Ferrat. Ils ont l’art et la manière d’installer sur le plateau une folie douce contagieuse pour que chacun  s’esclaffe de bon cœur.  Le décor est réduit au strict minimum: quelques chaises et un portant avec leurs queues de pie qu’ils auront tôt fait d’enfiler après avoir quitté leurs costumes version Colombo qui les voit débouler sur scène avec des étuis menaçants. Place aux élucubrations les plus frappadingues illustrées par exemple par cette poursuite de chaises musicales dans tous les sens du terme, une tarentelle aussi sautillante qu’improbable ou un camp de boy-scouts perdus au fin fond du Far-West qui les voit marmonner du country autour d’un feu, sur lequel en lieu et place d’une pièce de bœuf, rôtit le violoncelle lui-même. C’est aussi jubilatoire qu’un retour de vacances qui oblige un instrumentiste, le pied dans le plâtre à se contorsionner en tous sens, histoire de bien déchiffrer sa partition. A un épisode farfelu, coiffe bretonnes et bombarde, font écho des variations délirantes d’absurde et de fantaisie sur les petits métiers hélas disparus où l’on croise aussi bien Gainsbourg que ce cher Ludwig. Et c’est le summum quand ils invitent sur scène quatre jeunes femmes à qui compter fleurette, en déclamant pêle-mêle des chansons d’amour hétéroclites entre un rock vrombissant version Elvis ou Madonna ou plus sensuelles version Aznavour. Comme ils ne se refusent rien, ils font aussi exploser au besoin les néons, ou jonglent  avec des micros. Quant au dernier rappel, là c’est carrément au-delà de la démesure avec, autour de lambeaux déchirés de partition, un hommage ironique rendu à la musique contemporaine…                                                                       Quand imagination sans limite prend le pouvoir, plus rien ne résiste. L’élégance n’a d’égale que le talent pour ces artistes complets aux pitreries clownesques souvent irrésistibles que l’on se plait à retrouver régulièrement.

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