A fond les planches

Quelques mots sur les spectacles vus pendant le Festival Premier Acte Scène III d’Onet le Château

téléchargement (6)Jeudi furent présentées « Les bonniches » de Daniel Besse par le Théâtre du Travers, une réflexion mi-amère, mi-dépitée sur les rapports souvent ambigus de pouvoir accepté ou subi au sein d’une société fut-elle ici réduite au microcosme d’une troupe de théâtre en tournée. Sauf que tous les acteurs ne sont pas logés, dans tous les sens du terme, à la même enseigne. Entre vedettes et figurants anonymes, c’est toute l’échelle de notoriété qu’il reste à gravir, où soumission, révolte ou mépris se conjuguent. Décor d’hôtel miteux ou de loge banale, les comédiens déclinent leur narcissisme en abîme jusqu’au vertige sous le regard tantôt sceptique tantôt amusé d’une serveuse un  brin mytho. Et on mesure le chemin pour« entrer dans l’alter-histoire » où « regarder en soi-même autre chose que soi » fait écho à une collusion baroque de personnes historiques.

 téléchargement (7)Dans « Orchestre Titanic » de Hristo Boytchev ce sont quelques clochards portés sur la bouteille qui voudraient s’offrir une escapade salvatrice vers d’autres horizons. Pour ce faire ils ont élus domicile dans une gare désaffectée et attendent un train qui ne s’arrêtera évidemment jamais. Leurs seuls contacts avec l’extérieur synonyme d’évasion se limitent aux détritus qu’on leur jette depuis les fenêtres des wagons lancés à toute allure. « Le rêve n’est pas la vie, même si la vie n’est qu’un rêve » voilà le paradoxe qu’ils doivent affronter sur ce quai de brumes où la guérite du contrôleur fait office de confessionnal pour canaliser les aspirations de tous. Une mise en scène très rythmée et des trouvailles comme cette malle qui sert de sas entre monde du réel et de l’illusion expliquent pourquoi la Compagnie Troupe en Boule a remporté la Tour d’or, plus haute récompense dans le monde du théâtre amateur.

images (5)  Changement radical de ton avec « L’arche de Noël » qui clôturait cette troisième édition. Là c’est une comédie légère de Jean-Paul Cantineaux qui voit, à l’occasion d’une crue énorme, débarquer chez le maire nombre de ses administrés. En effet il est le seul à avoir une maison à étage donc hors l’eau. Déboulent ainsi dans son salon griffé vieille France une pléiade très composite avec maffieux italien, ex devenue égérie écolo du village toujours prête à ferrailler, ancienne institutrice acariâtre ou facteur au gosier toujours assoiffé sans oublier le futur gendre qui détonne dans ce tableau bucolique. Grâce à l’entrain de la Compagnie Au plaisir des Mots on se prend à sourire souvent, à s’esclaffer parfois, de ces situations saugrenues qui parfois se teintent d’observations très actuelles comme sur la place du foot en France, creuset d’intégration ou triomphe du cynisme de l’argent.

  Rendez vous l’année prochaine peut être pour inaugurer un tout nouveau théâtre.

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