A vous de voir

Déroutant, et éclectique, voilà les deux mots qui viennent à l’esprit lorsque l’on visite l’exposition temporaire actuelle « Sans titre » qui réunit au musée Denys Puech des œuvres de trois créateurs contemporains: Virginie Barré, Pierre Malphettes et Bruno Pelado. Ils étaient déjà venus dans ce même lieu il y a 13 ans ce qui sonne un peu comme un retour aux sources. Leurs univers sont toujours aussi divers et bien qu’ils n’aient que peu de résonances les uns avec les autres, ils sont complémentaires.

Virginie Barré propose plusieurs mannequins souvent énigmatiques, qu’ils soient présentés de dos voire sans visage, avec en particulier au sous-sol, une composition véritablement surprenante qui voit une mariée visage noir partager une accolade avec un gorille menaçant, un bunny évadé de Play-Boy connoté grinçant, un ours polaire ou un squelette façon Scream entre autres, lesquels nous plongent résolument du coté obscur. On est là bien loin d’une série de tableaux visibles au premier étage qui eux sont un cri d’amour pour le cinéma, hantés qu’ils sont tant par Hitchcock, Chabrol, Truffaut ou Antonioni. C’est autant un hommage au septième art qu’un détournement subtil mais avec infiniment de respect et chacun dégage beaucoup d ‘émotion…

Changement complet avec les oeuvres de Bruno Pelado et leur coté résolument urbain, entre une horloge façon gare parisienne sauf que ses aiguilles tournent à l’envers, un rouleau comme ceux qui servent pour laver les voitures ou des séries de pneus usagés repeints en blanc qui forment des cylindres tournant indéfiniment sur eux-mêmes. Plus loin, ce seront des disques bicolores qui renvoient aux illusions d’otique pour mieux nous signifier que chacun ne voit que ce qu’il veut bien voir dans un monde contemporain très stylisé où des caissons géométriques lumineux voisinent avec des parallélépipèdes multicolores déformés, le tout sous des smileys malicieux d’un triptyque chromatique improbable…

Enfin pour Pierre Malphettes ce sera surtout des néons tordus en tous sens, une poutre métallique et ses parpaings, ou « un ruisseau » fait d’une plaque en inox suspendu à des câbles d’acier sur laquelle s’écoule un filet d’eau. C’est sa façon à lui de faire un pas de coté et de nous inviter à voir autrement tout notre environnement, une vision déstructurée qu’il prolonge par un film d’une grosse demi heure qui est une sorte de road-movie de Marseille jusqu’au nord de l’Ecosse dans un pick-up intemporel rose fuschia aveuglant qui ne laisse paradoxalement que de furtives traces dans le paysage…

Cette exposition  résolument déconcertante est à découvrir jusqu’au 18 septembre prochain. 

 

 

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