A travail égal, salaire égal !

images (2)Il y a nombre de personnages de l’histoire sociale injustement méconnus qui mériteraient un meilleur sort. Et  Rita O’Grady ouvrière de l’atelier siège auto chez Ford au printemps 1968 à Dagenham dans la banlieue de Londres en est une figure incontestable. Car cette page historique du syndicalisme et de l’émancipation des femmes qu’elle a marquée de son empreinte est le sujet du film de Nigel Cole « We want sex equality ». En ce temps-là, pas si lointain, tout le monde ou presque, du patronat au représentants officiels du personnel – bien sur masculins- s’accorde pour laisser perdurer une situation fondamentalement injuste: que les femmes, qu’elles que soient leurs compétences professionnelles, soient infiniment moins payées que leurs collègues hommes. Et c’est de son obstination et de celle de ses camarades de cet atelier qu’à 187 ( autant dire une infime poignée sur l’ensemble de l’effectif de l’usine)  elles réussiront à faire plier non seulement leur employeur américain qui évidement nous joue le chantage à l’emploi, mais aussi, et peut-être surtout, changeront à jamais le regard de tous et en premier lieu celui de leurs proches, maris, enfants ou amants sur leurs conditions de salariées de seconde zone, confinées en sous-sol dans un local surchauffé sans aération. Leur mouvement parviendra à obtenir la sympathie et l’appui de l’ensemble des Trade-Unions britanniques au grand dam des petits permanents syndicaux plus habitués aux petits fours de la compromission.  Elles gagneront définitivement le combat du respect et de la dignité. Solide, argumenté, mais aussi avec juste ce soupçon de romantisme qui donne à chaque personnage une réelle épaisseur humaine, c’est une histoire collective généreuse qui transcende chacun. Le soutien déterminé de la Ministre du Travail de l’époque malgré les réticences de son propre parti du Labour, aboutira moins de deux ans plus tard au vote de l’Equal Pay Act qui changera pour toujours les rapports au sein du monde du travail puisque il fera tache d’huile partout dans le monde et en tout premier lieu en Europe, même s’il faut garder en mémoire que rien n’est jamais acquis et qu’aujourd’hui encore les écarts de rémunérations  restent encore trop importants.               Et le générique de fin montre, pour notre plus grand bonheur, les visages malicieux, près d’un demi siècle plus tard, de ces femmes de cœur devenues d’authentiques icônes de mamies courage.                                                                       

 

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s