Elles sont bien bonnes

imagesAnnées 60. Soit un bourgeois étriqué, agent de change à ses heures, sa femme superficielle à souhait, débordée de ne rien faire et leurs deux enfants le plus souvent dans une pension forcément sous influence de l’église, lesquels ne reviennent aux vacances que pour dire force horreurs sur la bonne qui les élève, voilà planté le décor du dernier film en date de Philippe Le Guay « Les femmes du 6ème étage ».

Toute cette famille ne voit le monde qu’au travers des pages futiles du Figaro et écoute religieusement chaque intervention radio du Général de Gaulle. Dans son immeuble cossu, sous les combles, vivent dans des conditions lamentables- toilettes bouchées sur le palier, pas d’eau courante et autres- plusieurs bonnes espagnoles qui vaquent à longueur de temps chez ces mêmes familles riches. Sauf qu’un jour, par hasard,  Monsieur Jean-Louis s’aventurera jusque chez elles. Et là ce sera pour lui la révélation dans son sens presque christique, il devine qu’existe un autre monde que celui des affaires financières et des mondanités de bon aloi. Chacune de ces femmes cache derrière une disponibilité toujours nécessaire et souvent sans limite des failles profondes : qui, un fils abandonné, lourd secret de famille d’une « fille-mère », qui, des parents communistes assassinés devant ses yeux par les franquistes pendant la guerre d’Espagne, qui, un mari violent qui la trompe allégrement sous couvert d’une future maison magnifique en devenir etc… le tout sous le signe d’une dévotion sans borne à la madone et tous ses saints. Auprès d’elles ensemble et de Maria la plus jeune en particulier, d’une sensualité solaire, il s’enivre peu à peu des plaisirs simples de la vie, des rapports chaleureux aux autres et s’initie à un autre possible. C’est frais et gouleyant  comme un bon vin millésimé, pétillant  de surprises et fondant comme un chocolat grand cru. C’est une fable, bien sur, mais du genre qui fait chaud au cœur et à l’âme et  Fabrice Luchini est absolument exquis dans ce rôle où, chaque mimique, chaque geste, chaque pupille dilatée est hautement symbolique. Dans ce milieu du non-dit et/ou du susurré, il se délecte et nous avec. En prime, il y a la faconde de Carmen Maura et une toute jeune comédienne absolument radieuse et affriolante  Natalia Verbeke. C’est dire si, avec ce film, on prend une leçon de vie stimulante, où optimiste et solidarité partagées sont les valeurs à la hausse.

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