B.D.B.G.

téléchargement (1)Sur la scène de la M.J.C. de Rodez, une machinerie complexe, « un casse-tête technique », où un écran large et deux plus petits de chaque coté, dominent des musiciens installés en live avec à leurs pieds des télévisions en nombre, c’est « [Re]garde-fous » une adaptation audio et visuelle de la  bande dessinée éponyme de  Fred Bezian. C’est là qu’elle y sera projetée en continu et en intégralité. Le scénario à rebondissements est d’abord  une histoire à mi-chemin du thriller par son suspens crescendo, et du film noir par son héroïne fatale. En effet c’est dans le regard de celle-ci qu’une blessure narcissique permettra de confondre le serial killer lequel, par confusion d’identité, s’en donnait à cœur joie, question méfaits et gestes. Tout le pari de Sayag Jazz Machine était de proposer une bande musicale qui non seulement s’intègre et soutienne l’action mais, au-delà, imprime une atmosphère singulière et partagée par le public. Il s’agissait de renverser le rapport individuel que chacun peut éprouver dans ce qui est surtout une activité éminemment solitaire à savoir la lecture, avec une expérience sonore, collective et plurielle. Avec une gamme d’instruments très variés puisque le violoncelle ou la flûte côtoient la platine, vecteur d’onomatopées acoustiques à rapprocher du langage B.D., il faut surtout donner vie à ces personnages aux visages plutôt aigus et traduire par une musique tantôt intuitive, tantôt organisée, sentiments et passions qui s’exacerbent, tout en y ajoutant le tour de main nécessaire pour lier de la meilleure manière 7ème et 9ème art. Si l’on connaît depuis longtemps les rapports étroits qu’entretiennent cinéma et B.D, même science du découpage, de l’ellipse ou du rythme par exemple, il n’en reste pas moins que ce spectacle protéiforme était un pari et un exercice très original de haute voltige que d’offrir, via cette multidisciplinarité une approche résolument nouvelle à une oeuvre préalablement déclinée sur papier. Pari tenu à en croire les applaudissements de l’assistance. En première partie, au foyer, c’était un peu à un travail dans la même veine que l’on pouvait assister. En effet, à l’issue d’une master-class, plusieurs jeunes stagiaires étaient invités  à se lâcher musicalement pour accompagner un moyen métrage muet plutôt méconnu de Buster Keaton intitulé « La maison hantée ». Cette soirée très inhabituelle etait orchestrée par une toute nouvelle Association Oclive et bénéficiait en outre du parrainage de la Mission départementale de la Culture.

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