Au secours !

téléchargement (1)Spectacle étrange, déroutant, crispant, exaspérant même et provoquant au sens où l’on n’en sort pas indifférent que celui proposé par la Compagnie la Manivelle de Millau qui présentait «  Mon pire cauchemar, épisode 3 ». C’est comme son nom l’indique la troisième mouture d’une expérience théâtrale définie comme « une sadicomédie » dans laquelle un clown se démultiplie pour hanter nos cœurs et nos âmes. Ce clown grotesque, démiurge, et surtout qui vampirise à tout va ses victimes, est un personnage inquiétant, réellement démoniaque. C’est le croisement improbable de Ronald Mc Donald par un côté qui se voudrait jovial et bienveillant voire débonnaire, avec Hannibal Lecter échappé du « Silence des agneaux » par son côté résolument cannibalesque et psychopathe le tout matiné d’une touche de Joker vicieux exfiltré de Batman. C’est dire que c’est du lourd, d’autant plus que ce personnage central s’attache avec un sadisme d’une perversité presque maladive à faire exploser maintes de nos références mentales. Il s’essaie à volontiers faire reculer les limites de l’acceptable dans la manière dont il manipule tous ceux qui l’entourent. Les deux cellules lumineuses dans lesquelles sont enfermées ses clones, sans oublier le troisième lui au sens propre mis dans une cage, sont des espaces où torture mentale et aliénation se donnent libre cours. « A vos sévices » voilà bien qui résume de façon cinglante l’esprit qui déstabilise chacun, y compris le spectateur. Si on ajoute à tout cela des effets visuels qui relèvent du grand guignol-tronçonneuse, blouse maculée de sang et autre violences organiques- c’est à un personnage cathartique que mène cette logique. Pas sûr cependant que vociférer ou éructer tous azimuts, sans oublier une dernière note particulièrement acide sous la forme d’un petit chant de Noël susurré, ajoute quelque chose de plus pertinent à ce qui se veut une introspection en règle de notre inconscient. Que celui-ci soit pétri d’angoisses latentes et d’ambiguïtés cachées voilà qui n’est pas nouveau. On peut voir ce spectacle comme la justification pour l’auteur, Ludor Citrik et sa troupe, de s’offrir une auto-analyse gratuite mais pour le spectateur lambda plutôt qu ‘au  pilori, c’est au supplice du pal qu’il est soumis, bien heureux lorsque son calvaire s’achève enfin.

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