No man’s land

images (3)Beaucoup de monde au Royal la semaine dernière  pour assister à la projection du film « Illégal » du réalisateur belge Olivier Masset-Depasse. Même si ce film est d’abord une fiction, il est fort bien documenté et reflète au plus près la situation telle que vécue par nombre de clandestins en Europe. C’est l’histoire poignante d’une jeune femme originaire de Russie et de son jeune fils, lesquels vivent depuis plusieurs années en Belgique où ils ont su parfaitement s’intégrer lui via l’école, elle via son travail et ses collègues. Sauf que ce qui devait être une fête d’anniversaire va tourner au cauchemar suite à un contrôle de police. Sans titre de séjour officiel, tous deux seront séparés, lui confié aux bons soins d’une amie, elle envoyée en centre de rétention qui devient le coeur de l’action  autour duquel tout s’articule. Visite d’avocats au parloir ou coups de téléphone réguliers pour rassurer ses proches, tentative de suicide ou démission de gardienne trop compatissante, c’est là un concentré de vie en apesanteur fait de rares moments de chaleur pour éclairer des situations bien sombres. Que le film s’ouvre sur l’héroïne se brûlant volontairement les bouts de doigts pour effacer toute empreinte digitale résume bien le déni d’identité que subissent ces personnes toujours sur le qui vive et qui doivent sans cesse faire preuve de beaucoup de courage pour résister face aux exploiteurs de tous acabits qui profitent de façon indécente de leur précarité. Hommes, femmes, enfants, de tous pays et de toutes origines se côtoient, entre déshérités sans frontière et laissés pour compte de la mondialisation, la fraternité reste une des dernières valeurs humaines à partager en attendant pour les plus chanceux le laisser-passer consulaire qui va métamorphoser leur vies de galères ou hélas pour d’autres l’expulsion manu militari vers leur pays d’origine où ils deviendront étrangers sur leur propre sol.                                               Le Collectif pour les réfugiés de la région de Rodez animait ensuite un débat sur la réalité locale très concrète qui, dans notre région s’illustre par le centre de rétention de Cornebarrieu, tout proche de l’aéroport de Blagnac – on comprend pourquoi. En 2009, 1886 personnes sont passées dans ses 126 places pour des séjours pouvant durer jusqu’à 32 jours, et ce centre n’est qu’un des 23 existants en France. Les échanges très argumentés ont aussi permis de mieux comprendre toute la complexité d’un système dit de « Dublin » qui oblige chaque demandeur d’asile à déposer, quelle que soit sa volonté finale, son dossier, dans le premier pays de l’Union où l’on a été contrôlé, à charge pour celui-ci de statuer. Et que dire d’autres situations plus inextricables encore de personnes dites ni régularisables ni expulsables mais privées du droit de travailler. Chacun a pu aussi mesurer l’importance capitale des Cercles de silence qui ont lieu chaque mois dans plus de 180 villes pour dire encore et encore que la France doit savoir se montrer plus généreuse et accueillante.                                                                                                                                           Plus que jamais il faut réaffirmer que la solidarité envers son prochain n’est pas un délit.

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