Carton rouge

images (7)Nous sommes à Téhéran. L’Iran y  reçoit l’équipe de Bahreïn en match de qualification décisif pour la coupe du monde de football 2006 en Allemagne. Tout le monde se rue au stade et les billets s’arrachent. Parmi les supporters enthousiastes avec fanions, drapeaux et le visage peint aux couleurs du pays, il y a aussi quelques femmes qui bravent les interdits des ayatollahs. Elles multiplient les ruses en tous genres mais hélas il y a toujours le barrage de trop. Les brigades de préservation de la vertu et de lutte contre le vice -sic- veillent au grain. A peine reconnues, les voilà parquées à l’extérieur sous la garde de quelques soldats plutôt débonnaires, lesquels ne savent que faire, coincés qu’ils sont entre des barbus, gardiens du dogme, et leur propre envie de vibrer aux exploits de leur équipe. Tout l’esprit de  cette comédie subtile réside dans les contradictions qui se font jour entre le discours officiel et les petits arrangements nécessaires. C’est ainsi que les injures potentielles dues aux débordements des fans ou les graffitis obscènes des toilettes justifient l’exclusion des enceintes sportives des femmes, lesquelles pour autant bénéficient d’un certain respect et même de prévention presque affectueuse de la part de la gente masculine. Mais le tchador pour affronter le regard d’un vieux père s’impose naturellement. Le foot et l’unité nationale de toute la population qu’il engendre, permet de régler en douceur ses comptes avec la censure, la place de la sexualité et plus généralement la morale officielle. C’est cet humour léger et cette ironie en demi-teinte qui ont valu au réalisateur Jafar Panahi d’une part la reconnaissance internationale puisque « Hors-jeu » a décroché un Ours d’argent à Berlin ou d’être invité à siéger au jury à Cannes, ce qui lui fut, in fine, impossible, puisqu’il était « retenu en prison » mais aussi depuis lors, d’avoir été condamné en décembre dernier à 6 ans de détention plus 20 ans d’interdiction de tourner quoi que ce soit.

Projeté dans le cadre des Etats Généraux de la culture à Rodez, c’est donc aussi un acte de solidarité que de diffuser largement ce docu-fiction sociétal , de le voir et de le conseiller à ses proches.

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