Desperate housewife

téléchargement (13)Angela, la trentaine mûrie et oisive, découvre un soir de 14 juillet que sa vie de couple se délite. Finis les flonflons et les embrassements, les feux de l’amour avec son Max , alias « crâne rond » appartiennent définitivement au passé. Son rôle de potiche de luxe ne pèse plus guère face aux charmes rafraîchissants d’un jeune bimbo voluptueuse. Seule sur scène elle se confie et nous fait part de ses états d’âme. Voilà l’argument succinctement résumé de la pièce de Géraldine Aron qui était présentée sur la scène de l’Amphithéâtre de Rodez la semaine dernière. « Mon brillantissime divorce » est une comédie plutôt agréable ponctuée de bons mots qui nous embarque dans les affres sentimentaux d’une femme encore jeune. Celle-ci, de réveillons en solo en promenade du chien, de remarques peu amènes d’une mère envahissante en sarcasmes de son adolescente de fille branchée, souffre d’hypocondrie notoire « syndrome UPLM », usage profane et intempestif du Larousse médical sic, et essaie tant bien que mal de trouver des raisons de vivre voire de survivre. Les situations successives sont décrites avec justesse et Michèle Laroque, chemise claire sur jean classieux, joue avec finesse passant avec bonheur et en toute désinvolture sur toute la gamme des sentiments que traverse son double. On hésite entre les personnages revenus de tout des B.D. de Lauzier, l’univers B.C.B.G. des cocktails improbables au ministère du Budget ou l’ironie des chansons d’Anaïs. C’est une chronologie post-séparation qui égrène les doutes et les déceptions, les moments de colère ou de remise en question, les émotions contradictoires qui passent furtivement sur un parcours sentimental forcément chaotique. La mise en scène se joue avec habileté d’un décor assez minimaliste d’un blanc volontairement transparent : un canapé, une table et sa chaise, et un tabouret de bar, lesquels délimitent trois espaces bien définis où l’héroïne s’épanche ou s’enthousiasme au fil de ses questionnements. Bordée symboliquement de paires de chaussures en tous genres, c’est comme une carte du tendre en forme de puzzles où chaque spectateur est convié à agencer ses propres morceaux.

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