De A à Zed

imagesC’est un drôle de bonhomme qui a pris place la semaine dernière sur la scène de la M.J.C. de Rodez pour un récital de chansons aussi baroques que bourrées d’humour, poétiques que déchirantes. Zed van Traumat, c’est son nom, artiste picto-charentais d’après son état civil, a sorti un premier album en mars dernier intitulé « Belge Andalou » dont le titre résume bien tout ce coté décalé et lunaire, paradoxal et minutieux. Se revendiquant « flamand flamenco, entre paella et waterzooï » ou « moitié gitan, moitié rebelle » cet amoureux des mots et de la langue est toujours prompt à proposer le mot juste et la rime fantasque. Il manie l’allitération obsédante et l’oxymore déconcertant, le jeu de mots éclatant et la litote explosive. Accompagné d’un quatuor contrebasse, batterie, saxo et guitare qui n’étouffe pas sa voix mais au contraire en souligne toutes les nuances, il évolue tel un grand escogriffe qui se cogne aux réalités tel un funambule déterminé, se faufile, se trémousse, virevolte, glisse et sautille pieds nus sur son fil toujours tendu à l’extrême. Ses chansons  aux textes ciselés sont un régal pour l’âme et le cœur tant elles pétillent d’intelligence et d’esprit. Il se glisse aussi bien dans les profondeurs oppressantes d’une jungle déchaînée qu’au coté d’un King Kong pathétique, d’une beauté lascive du désert que d’une Carmen douloureuse, exalte le tango japonais comme la logique de l’absurde. Les personnages dont il brosse les portraits sont  un peu à son image entre écorché vif et doux rêveur audacieux, il réhabilite même d’un zoom intrépide mais sans cliché Nadar, un des inventeur de la photographie tombé un peu dans l’oubli collectif. Les sentiments exacerbés et l’œil malicieux il nous ouvre des passerelles inédites entre imaginaire débridé et provocation bien comprise, le tout sans aucun cynisme et toujours enveloppé d’un soupçon de tendresse désopilante pour évacuer toute noirceur trop désespérante.Ce farfadet farfelu, avec une ferveur furieusement foldingue frôle le firmament dans une farandole de folies frénétiques.                                                                 Un concert magnifique d’une personnalité convaincante qui fait la part belle à l’humour désinvolte et à l’ironie manifeste.                                                             

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