N’oubliez pas les paroles

images (1)C’était la semaine dernière que coup sur coup l’Amphithéâtre de Rodez ouvrait ses portes à la chanson française. Le premier, lundi c’était Florent Pagny en tournée acoustique avec pour seul accompagnement «un piano extraverti » et «une contrebasse introvertie ». Sur scène, un décor de tentures rouges, lustres versaillais au plafond et un trône tout en dorures et velours rouge sur lequel, de temps à autre, comme un roi fatigué de donner audience à la piétaille, il vient s’étendre. Pour ce qu’il définit comme un « spectacle naturiste », au lieu d’intimiste,  il a choisi de revisiter à la fois quelques pages de son propre répertoire, plus quelques nouvelles, et en parallèle des chansons qui font partie de notre patrimoine commun. C’est ainsi qu’il rendra hommage tant à Trenet qu’à Montand,  à Nougaro ou à Aznavour etc…Si certaines reprises sont vraiment intéressantes comme « l’Hymne à l’amour  » d’Edith Piaf par exemple d’autres sont carrément improbables comme « Le cul de Lucette » de Pierre Perret . C’est dire si on hésite entre surprise et consternation. Heureusement lorsqu’il s’essaie au registre lyrique là sa voix de baryton résonne à merveille avec du Verdi par exemple. Cet intermède réussi n’est hélas que de courte durée et on repart vite expédier les affaires courantes, c’est à dire reprendre sans vraiment beaucoup de cœur ni d’émotion plusieurs autres refrains emblématiques. C’est sa façon personnelle d’assurer le service minimum, déambulant en version ray bans et blouson de cuir d’un bout à l’autre de la scène, avant un final invraisemblable. Lui célèbre exilé, pour des raisons que l’on ne connaît malheureusement que trop bien, qui a choisi de vivre soit sous le soleil de Floride soit dans sa vaste hacienda de Patagonie, nous fait la fausse sortie condescendante. Jetant à ses fans émoustillées un gros bouquet de roses rouges on se serait cru revenu un soir de 10 mai ou entre camarades se congratulant à l’issue d’un congrès consensuel du P.S.

Un concert décevant, frustrant et sans âme dont le seul mérite aura été de faire découvrir en première partie un jeune artiste, Saint André, lequel hélas portait sa croix, car il chantait alors que les spectateurs en étaient encore à se placer dans les travées. Bien injuste car ses mélodies et paroles ne manquent pas de sensibilité.

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