Délinquante, à la une

téléchargement (8)Une première partie délicieuse d’impertinence et de talent, voilà ce qui attendait les spectateurs venus mardi soir à la Maison des Jeunes de Rodez pour une soirée entièrement consacrée à la nouvelle chanson française. Beaucoup étaient venus attirés par la tête d’affiche à savoir Nicolas Jules, genre lutin vibrionnant dont la nonchalance sur scène n’a d’égale que le délire verbal de ses chansons, où l’on saute joyeusement du coq à l’âne aux travers d’interrogations plus loufoques les unes que les autres.« Les martiens ont des frontières avec qui ? » lance-t-il ainsi à la cantonade comme en prolongement au débat qui a tant agité le microcosme politique. Du non-sens et du loufoque, les cheveux savamment décoiffés et un coté lunaire et ahuri qui cache des variations pince sans rire, on est toujours à la limite entre absurde et je m’en foutisme, sentiment renforcé par les musiciens qui l’accompagnent : une contrebassiste ultra chic et un batteur au look de lutteur de foire torse nu sous la veste. C’est l’esquive permanente élevée au rang de grand art et le dilettantisme dandy au summum de la provocation soft. On peut tout aussi bien adhérer que trouver cela juste futile et vain.             Mais heureusement il y avait Délinquante au singulier certes, mais avec une pêche puissance 2. Loin des plateaux télé et autres chanteurs formatés aussitôt lancés, aussitôt oubliés, c’est un duo de filles pétillantes et décapantes qui ne laissent personne indifférent. A la gouaille malicieuse de l’une répond la fougue dévastatrice de l’autre, la même acuité toute en finesse pour nous parler des plaisirs bien compliqués de la vie conjugale, la  féminité en bandoulière revendiquée et la fantaisie partagée, leur univers mérite le détour. Les fanfreluches et autres boas roses fluo qui décorent leurs micros ou accordéons sont là pour souligner en creux leur folie douce. Et les hommages détournés à Boris Vian ou Georges Brassens ne mettent que mieux en exergue leurs textes ébouriffants et tendres. On froufroute de plaisir devant cet humour aux trousses si joyeusement contagieux. Leur premier C.D. « J’aime pas le musette » vient juste de sortir.                       

Publicités
Cet article, publié dans Humour, Musique, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s