Sous le signe de la lionne

images (2)Un premier prénom qui évoque les grandes divas d’opéra, un second qui fait tout de suite penser à la Pietà de Michel Ange ou sa déclinaison version madone, et comme patronyme l’étoile principale de la constellation de la Lyre, voilà des influences très diverses qui ouvrent de multiples perspectives. Et de fait Carmen Maria Vega, c’est un peu tout cela, une artiste inclassable ou plutôt protéiforme, avec une superbe voix qui mêle des sonorités tantôt rock tendance punkie fleur bleue à une gouaille délirante, le tout mâtiné d’émotion à vif. Sa  présence sur scène en impose à tous, surtout venant de ce petit bout de femme, pile électrique d’une énergie débordante inversement proportionnelle à son mini gabarit d’autant plus qu’elle est encadrée par deux colosses débonnaires et philosophes, ses musiciens à la contrebasse et à la guitare. De longs cheveux noirs, un pantalon à rayures tenu par des brettelles sur un tee-shirt foncé, des bottines cloutées et c’est un lutin multivitaminé qui nous emporte dans son monde. Dans cet univers hétéroclite, on y croise subrepticement Brad Pitt lui-même, mais aussi une hôtesse d’accueil qui a en marre d’être matée uniquement pour ses formes, deux sœurs toujours limite de ne plus se supporter ou une ballade douloureuse sur la dépendance alcoolique… Ses personnages sont toujours finement observés, leur intimité est mise à nu avec une lucidité déconcertante. Il y a un humour ravageur et une autodérision qui font mouche à chaque fois. Si on rit franchement devant ses états d’âme de midinette c’est très souvent avec un arrière-goût d’amertume. Elle ose tout y compris des polyphonies corso-lyonnaises qui sont jubilatoires, son coté extravagant et décalé permet de tout faire passer. Le final avec le public en délire qui balance des bras en répétant des paroles entre absurde et cocasse donne à ce spectacle toute sa dimension de folie douce et justifie l’ovation des spectateurs debout qui en redemandent encore et encore.

Incontestablement une des meilleures soirées à la M.J.C. de Rodez de ces dernières années. Et pour la touche coup de pouce à la création locale, en prime on a eu en première partie Lazarus Project, un groupe de quatre musiciens ruthénois qui se sont fait plaisir.

Publicités
Cet article, publié dans Musique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s