Le chainon manquant

imagesAvec Jean-Marie Bigard, il faut s’attendre toujours au pire. Et cette fois ci encore il a réussi au-delà de tout ce qu’on pouvait craindre, à reculer les limites de la bêtise et à passer outre, c’est dire s’il n’a pas hésité à éructer, vociférer, bramer, beugler,  rugir ou tonitruer à qui mieux mieux insanités, veuleries et autres coups bas. Pour son nouveau spectacle qui tourne actuellement en France « Des animaux et des hommes » il se propose de revisiter à la manière d’un vrai-faux scientifique mi-zoologue mi-anthropologue l’odyssée de l’espèce jusqu’à l’homo sapiens. Ça commence donc par la projection d’un documentaire sans paroles où l’on croise  poissons, oiseaux et mammifères puis il apparaît, lui, Bigard himself dans toute sa splendeur, descendant direct de Lucy. Projection ensuite de quelques dessins de Gotlieb façon Rubrique à brac pour bien nous situer le schéma de son spectacle qui se veut variation sur les caractéristiques et différences du règne animal via l’organisation sociale ou le sexe. Certes il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il fasse dans la dentelle ou la poésie mais atteindre ce niveau de bassesses, d’ignominie pour ne pas dire d’abjection montre le peu de cas qu’il fait de son public dont il sollicite à chaque instant les plus bas instincts. C’est un véritable catalogue d’obscénités, de complaisance, de ringardises, de flagorneries, de racolage, presque un délit au vu de la nouvelle loi Sarkozy. On n’est pas seulement en permanence au-dessous de la ceinture, on est carrément dans le caniveau, et on s’y vautre, s’y complait jusqu’en avoir des hauts le cœur. Ce n’est pas seulement gras, visqueux ou gluant de bêtises crasses, c’est vulgaire volontiers ordurier et surtout machiste, homophobe et démagogique. Les biceps bien saillants dans un tee-shirt noir près du corps, histoire d’en rajouter sur le coté G.I en goguette en pays conquis, il enchaîne les sketchs entre saillies grossières, mimiques simiesques et yeux exorbités. C’est probable qu’il faille avoir du talent pour continuer ainsi pendant presque deux heures sans jamais varier ne serait que d’un iota. Quand pour le final on n’hésite pas à faire monter sur scène deux cobayes dont on commentera en fausses ombres chinoises matinées de  kung-fu le coït supposé, on se dit que l’on a atteint le fond de l’abjection. Mais non, il y a pire encore : faire répéter coin-coin ou pouët -pouët pendant plusieurs minutes interminables à un public manifestement accro.                                                                                                                                                           On connaissait la télé-réalité, Bigard invente le one-poubelle show. Son spectacle est au comique ce que le hamburger avarié est à la cuisine. Et qu’avec cela il ait réussi à remplir la salle de l’Amphithéâtre de Rodez, qui plus est, depuis plusieurs mois reste un insondable mystère. A croire que parfois un Jean-Marie en cache un autre.

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Un commentaire pour Le chainon manquant

  1. blanc dit :

    coucou jean…je ne révèlerai pas la suite
    alors là chapeau bas pour cet article : j’en attendais pas mieux et puis merci de m’avoir fait économiser la place, j’imagine assez chère, car après l’avoir lu l’article, j’ai eu l’impression d’y avoir un peu assisté au spectacle. Très drôle l’article : bien cinglant comme on les aime quand on ne mâche pas ses mots…

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